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miércoles, 17 de abril de 2019

Conferencia Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

"La memoria social secuestrada. Creando red desde las redes". Una crítica a la noción del progreso como el estado de excepción de los oprimidos --como dijo Walter Benjamin-- a través de la lectura de dos capítulos de Salvados de Jordi Évole, las reacciones de los usuarios de Twitter y la posibilidad de exhumación de los imaginarios políticos y literarios del realismo social de los 50 que se abre en el momento destituyente en que nos encontramos.


Viernes 19 de abril. De 17:00 a 19:00h. En Centre de recherche de l'Espagne contemporaine.
Más info aquí

domingo, 2 de abril de 2017

Le rêve de Cassandre -- Mediapart.fr

La liberté d'expression est en danger en Espagne. Cassandra est une fille espagnole qui vient d'être condamnée à un an de prison pour avoir fait –selon la décision judiciaire– l’apologie du terrorisme. Ces condamnations résultent de la publication sur Twitter de quelques blagues où elle se moquait de Carrero Blanco, un des derniers présidents du gouvernement espagnol sous la dictature de Franco.


***
À Cassandre les dieux lui ont donné le don de voir l’avenir. Elle était capable de prédire les tragédies qui allaient arriver, mais pas de les empêcher. Plusieurs la prenaient pour une folle et l’ont enfermée. Cependant, c’était l’impuissance et l’enfermement qui l’ont rendue définitivement folle.
            Le cas de la Cassandra de notre histoire n’est pas très différent. Cassandra a 21 ans, elle est espagnole et étudiante en Histoire à l’Université de Murcie. Elle n’a pas le don de voir l’avenir, peut-être parce qu’ils l’ont volé, l’avenir. Sans doute notre Cassandra aurait eu besoin d’un don pour voir un passé qui ne passe pas – un passé qui, en Espagne, continue de vivre dans le présent –, afin de protéger son futur. Cassandra a été condamnée à un an de prison pour avoir fait – selon la décision judiciaire – l’apologie du terrorisme, mais également à sept ans d’incapacité légale de travailler dans le secteur public. Ces condamnations résultent de la publication sur Twitter de quelques blagues où elle se moquait de Carrero Blanco, un des derniers présidents du gouvernement espagnol sous la dictature de Franco.  Étant donné que Cassandra n’a pas de casier judiciaire elle n’ira pas en prison, comme c’est généralement le cas pour la plupart des sentences inferieures à deux ans.  Néanmoins, l’incapacité légale qui lui interdit de travailler dans le secteur public est une véritable tragédie pour Cassandra, car elle ne pourra pas développer sa profession d’enseignante – elle ne pourra pas se présenter à un concours pour accéder à une fonction publique – suite à cette condamnation. 
            Carrero Blanco, homme de confiance de Franco, a succédé au dictateur comme président du gouvernement en juin 1973. Son mandat a duré à peine six mois, car il est mort le 20 décembre 1973 à cause d’un attentat perpétré par l’ETA. Une bombe a explosé dans sa voiture et la déflagration a littéralement fait voler le dirigeant franquiste. Cela a d’ailleurs inauguré en Espagne une riche tradition de blagues sur le vol de Carrero Blanco. Tout le monde, en Espagne, en connaît au moins une demi-douzaine, mais il semble désormais que les raconter sera interdit, comme le démontre la condamnation de Cassandra.
             Cependant, ceci n’est pas un cas isolé et ces derniers mois, l’Espagne en a connu d’autres. Nous allons présenter trois cas bien connus. D’abord, le chanteur de Def con Dos, groupe de rap-métal espagnol, a été également condamné à un an de prison pour avoir publié quelques tweets qui, selon l’appareil juridique espagnol, constituaient une preuve d’exaltation du terrorisme et d’humiliation des victimes. Ensuite, un autre cas bien connu est celui des « titiriteros », c’est-à-dire des marionnettistes. En effet, leur spectacle dans un quartier populaire de Madrid, pendant les fêtes de la ville, a été interrompu par la police après la dénonciation d’un père qui disait que la performance faisait l’apologie du terrorisme ; les marionnettistes ont passé cinq nuits en prison pour une fiction qu’aucun juge n’avait vue. Enfin, le troisième, s’il n’était pas aussi triste, aurait pu paraître drôle : Joan Coma, un homme politique de la CUP (Candidatura d’Unitat Popular), parti de la gauche indépendantiste catalane, a été jugé pour l’utilisation d’une métaphore pendant un discours en séance plénière. Coma a dit, en parlant de son projet légitime de changement des institutions afin de conquérir l’indépendance de la Catalogne, qu’ « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Lors du jugement, le procureur lui a demandé d’expliquer le sens de la métaphore, et si « casser des œufs » impliquait l’usage de la violence et si l’omelette était le cadre constitutionnel espagnol. Très drôle, très triste.    
            En Espagne, il y a un problème avec la liberté d’expression. L’actuel gouvernement utilise en effet la loi pour réprimer les discours dissidents. Or, toute forme de dissidence politique est qualifiée de terrorisme, d’exaltation du terrorisme ou d’apologie du terrorisme, de sorte que les manifestations qui se sont déroulées en Espagne pendant les dernières années ont été qualifiées de la même manière et particulièrement avec le mouvement des indignés ou 15-M de 2011. Le romancier Manuel Vázquez Montalbán disait, tout en critiquant la nouvelle position confortable des intellectuels espagnols après le franquisme, que « contre Franco on vivait mieux » ; il semblerait que la droite espagnole vivait mieux contre l’ETA, car jusqu’au moment où les terroristes ont annoncé qu’ils déposaient les armes (octobre 2011), les délits d’exaltation du terrorisme ont augmenté. Les chiffres sont très éloquents : en 2009, il y a eu six condamnés pour exaltation du terrorisme, tandis qu’en 2014 il y a eu le même nombre de condamnés, mais dix-neuf personnes en plus ont été jugées. Quand l’ETA a cessé d’exister, la droite espagnole a dû l’inventer.
            La liberté d’expression est en danger dans toute l’Europe, notamment avec l’ascension au pouvoir des partis post-fascistes, comme les désigne Enzo Traverso dans son livre Les nouveaux visages du fascisme (Textuel, 2017). Cependant, contrairement aux autres pays d’Europe, l’Espagne n’a pas connu l’apparition d’un parti d’extrême droite similaire à celui de Le Pen qui aurait pu mettre en danger le droit à la liberté d’expression, car au sein de la droite espagnole subsistent encore les fantômes du fascisme. Il n’existe pas de post-fascisme où le fascisme est encore vivant. Ceci constitue l’unique explication pour comprendre comment aujourd’hui les rêves d’une fille de 21 ans sont compromis pour avoir raconté, sur ses réseaux sociaux, des blagues à propos d’un franquiste comme Carrero Blanco. Peut-être que le franquisme – le fascisme espagnol, il faut le dire explicitement – n’est pas encore mort et que dans les institutions démocratiques espagnoles habitent plus que des spectres du franquisme.
           Walter Benjamin disait, dans ses Thèses sur le concept d’histoire, que nous ne serons pas à l’abri si l’ennemi reste victorieux. Si après la mort de Franco – et de Carrero Blanco – et après la fin de la dictature franquiste, il n’est pas possible d’en rire (mais également de remettre en question la manière dont le franquisme habite encore les institutions démocratiques en Espagne), alors, tout en citant Benjamin, ceci signifie que « l’ennemi n’a pas encore fini de triompher ».

viernes, 12 de agosto de 2016

Documento de barbarie


   

Cada vez que alguien –desde José Luis Rodríguez Zapatero hasta Baltasar Garzón, pasando por Manuela Carmena– sale con la ocurrencia de convertir el Valle de los Caídos en un monumento de paz y de concordia, me viene a la cabeza un cuento de Eduardo Galeano titulado La desmemoria/ 4. En su cuento, el escritor uruguayo rememora el día en que visitó Chicago, una ciudad que observa llena de fábricas y llena de obreros. Cuenta Galeano que al llegar al barrio de Haymarket pidió a sus amigos que le mostraran "el lugar donde fueron ahorcados, en 1886, aquellos obreros que el mundo entero saluda cada primero de mayo".
–Ha de ser por aquí –me dicen. Pero nadie sabe”.
     “Ninguna estatua se ha erigido en memoria de los mártires de Chicago en la ciudad de Chicago. Ni estatua, ni monolito, ni placa de bronce, ni nada”, continúa diciendo Galeano.
      Sin embargo, en 1997, casi una década después de que Eduardo Galeano publicara su cuento en El libro de los abrazos (Siglo XXI, 1989), la plaza de Haymarket se acordó de los huelguistas que encontraron la muerte por reivindicar la jornada laboral de ocho horas. Una placa rememora desde entonces la lucha por los derechos de los trabajadores. Parecía que al final se les hacía justicia a los mártires de Chicago. Pero un grafiti nos recuerda que a veces las políticas de la memoria, más que justicia, lo que llevan a cabo es una apropiación, por parte de los vencedores, de la memoria de los vencidos. En la placa dedicada a los obreros muertos de Chicago apareció una pintada que de un modo harto elocuente decía: "First they took your life. Now they exploit your memory". Primero os quitaron la vida; ahora explotan vuestra memoria.
     Cuenta Walter Benjamin, en sus Tesis de filosofía de la Historia, que "ni los muertos estarán seguros ante el enemigo si es que este vence. Y ese enemigo no ha cesado de vencer". Los muertos no están a salvo cuando su memoria se normaliza o se institucionaliza no para establecer una ruptura con el pasado, con el tiempo de los vencedores, de sus asesinos, sino para desactivarla políticamente, para cerrar una herida que todavía sigue abierta y sin cicatrizar. La colocación de la placa constituye un intento de cerrar un pasado que todavía sigue abierto, porque la causa de su lucha sigue vigente hoy. Los muertos no estarán a salvo, ni su memoria justamente reconocida, si previamente no se condena a sus asesinos. 
     Esta reflexión, de corte benjaminiana, debería servir para articular una política de la memoria histórica en España. Porque no hay placa que valga si la democracia no establece previamente una ruptura con la dictadura franquista. Y España, desde la transición, sigue teniendo pendiente esta tarea. No se puede hacer memoria desde el consenso y la reconciliación, sino impidiendo que el enemigo siga venciendo, esto es, impidiendo que el franquismo siga gozando de su impunidad. 
Bautizar, por lo tanto, el Valle de los Caídos como "El Valle de la Paz", como quería Manuela Carmena, convertirlo en un monumento de concordia y reconciliación nacional, como así lo pretendía la llamada Ley de Memoria Histórica de Zapatero, o transformarlo en un “Espacio de memoria”, que es la propuesta del juez Baltasar Garzón, aunque seguramente se traten todas ellas de iniciativas que persiguen la verdad, justicia y reparación, en realidad no hacen sino un flaco favor a la memoria de los vencidos. Una posición crítica y radical frente al Valle de los Caídos no pasa por su resemantización, porque la historia no precisa ser reescrita o renombrada, sino –y volvemos a Benjamin– ser articulada políticamente. "Articular el pasado históricamente no significa reconocerlo ‘tal y como propiamente ha sido’. Significa apoderarse de un recuerdo que relampaguea en el instante de un peligro", dejó escrito Walter Benjamin en sus Tesis de filosofía de la Historia. Menos crípticamente, articular la historia políticamente significa convocar, en este aquí y ahora, a los muertos, a las víctimas de la historia, para que con la fuerza de su recuerdo podamos transformar el presente, un presente en el que siguen habitando impunemente sus asesinos. Un presente que no solo niega, silencia y olvida a los muertos, sino en el que además se siguen sin anular las condenas que les impuso una dictadura ilegítima. 
     El franquismo les quitó la vida y la democracia explota –utiliza, institucionaliza, banaliza, neutraliza— su memoria. Como les sucedió a los mártires de Chicago. Como entendió Galeano cuando, al final de su cuento, tras la inútil exploración de Haymarket, se adentra en la mejor librería de la ciudad. "Y allí –escribe Galeano–, por pura casualidad, por pura casualidad, descubro un viejo cartel que está como esperándome, metido entre muchos otros carteles de cine y música rock. El cartel reproduce un proverbio de África: Hasta que los leones tengan sus propios historiadores, las historias de cacería seguirán glorificando al cazador".
     Hasta que la democracia no condene, pues, el franquismo, ninguna iniciativa, responda a la buena voluntad que responda, impedirá que el enemigo cese de vencer. Es por eso que una política de la memoria no se puede hacer solamente con buenas intenciones. Ni monumento de concordia ni de paz ni de reconciliación. El Valle de los Caídos, símbolo de la barbarie, del fascismo español, construido por esclavos republicanos, no puede ir acompañado, en su resemantización, por palabras amables que terminen por desactivar la memoria de los vencidos. Por ello, para hacer justicia, para devolver la dignidad a quienes murieron defendiendo la democracia, para articular políticamente el pasado y hacer de verdad un ejercicio de memoria que no tergiverse la realidad histórica, habría que colocar, en el Valle de los Caídos, una placa que dijera: Esto es un documento de barbarie. Esta sería, en mi opinión, la mejor forma de recordar el pasado, de recordar lo que supuso el golpe de Estado, la Guerra Civil y la dictadura franquista: barbarie. De lo contrario, seguiríamos glorificando al cazador. Aceptando su sentido común, su construcción cultural. Porque el Valle de los Caídos no es otra cosa que un documento de cultura que construyó el franquismo para legitimar su poder. Por eso es tan acertado denominarlo "documento de barbarie", porque, y como decía Walter Benjamin una vez más, "no hay documento de cultura que no lo sea también de barbarie". Porque ya les quitaron la vida, no dejemos ahora que además exploten su memoria.

David Becerra Mayor // Ctxt, nº 76 (03/08/2016). Fuente: http://ctxt.es/es/20160803/Firmas/7527/valle-de-los-caidos-primero-de-mayo-obreros-chicago.htm

domingo, 6 de diciembre de 2015

La poesía de la yihad

Aunque suele concebirse la poesía como un discurso en el que se hallan los valores más nobles y profundos del ser humano, e incluso se ha llegado a afirmar que la poesía es a lo único a lo que podemos aferrarnos para salvar la humanidad, lo cierto es que la poesía, lejos de ser depositaria de tan altos valores, suele participar –y asumir un alto grado de protagonismo– en las más importantes encrucijadas históricas, legitimando por medio de palabras bellas y metros contados el paso de la muerte por las nuevas tierras conquistadas. La poesía es un excelente instrumento de propaganda. Como decía Walter Benjamin en su tesis VI sobre la Historia, los documentos de cultura son también documentos de barbarie.
Los atentados de París del pasado viernes 13 de noviembre han vuelto a poner el foco informativo en el terrorismo yihadista. Analistas procedentes de muy distintas disciplinas del conocimiento –desde arabistas a politólogos– han puesto sobre la mesa datos, razones y argumentos para tratar de clarificar y definir la ideología yihadista y las causas por las que actúan. Pero, más allá de interpretaciones, conviene preguntarse: ¿cómo piensan los yihadistas, cuál es su visión del mundo, cómo se conciben a sí mismos y, sobre todo, cómo construyen la imagen de su enemigo? En un artículo publicado en The New Yorker, Robyn Creswell y Bernard Haykel sostenían que una buena forma de entender el yihadismo era leer su poesía.
(EFE)
(EFE)
Acudir a la poesía –o a la literatura, en general– resulta siempre oportuno para comprender sociedades para nosotros lejanas –tanto en lo temporal como en lo geográfico. Cuando en dicha sociedad la poesía ocupa un rol social relevante, como es el caso que nos ocupa, resulta mucho más útil. Como afirma la historiadora y experta en cultura árabe María Rosa de Madariaga, consultada por El confidencial, en la cultura árabe la poesía ha ocupado tradicionalmente una posición central.
"Como característica general de la literatura árabe hay que destacar la importancia que en ella ocupa la poesía. Por eso, a los niños se les enseña desde bien pequeños en las escuelas los poemas de los poetas más famosos desde la Antigüedad. Quizá esto contribuya a fomentar desde la infancia la facilidad de los árabes para 'versificar'. Cualquiera tiene a gala en el mundo árabe improvisar poemas. A este ejercicio muy extendido en la sociedad, en el que a los árabes les gusta mostrar sus dotes para 'improvisar' poemas, se le conoce como irtiyâl, literalmente 'improvisación'", apunta.
En la actualidad, como una prueba más de la importancia de la poesía en el mundo árabe, existe en Oriente Medio un programa de televisión titulado Sha’ir al-Milyoon  («Poeta millonario»), un talent show similar a Operación Triunfo donde quienes concursan y compiten son poetas. Como afirman Creswell y Haykel, el premio que se le otorga al ganador es mayor que el que se le concede al Premio Nobel.
Algunos de los poetas que participaron en Sha’ir al-Milyoon se hicieron célebres y sus poemas se leyeron en las plazas de las primaveras árabes. La autoridad del verso –y del poeta que lo firma o lo recita– merece un enorme respeto en el mundo árabe; la palabra del poeta es tan sagrada como la palabra de un teólogo. No es casualidad, pues, que en este contexto se utilice la poesía como instrumento de legitimación de la lucha yihadista.

Del 11-S a las primaveras árabes

«Abrazados a la muerte los caballeros de la gloria encontraron su descanso. / Sujetaron las torres con sus manos llenas de rabia y las demolieron rápidamente como una catarata». Con estos versos tan plásticos describía Bin Laden, que además de terrorista fue poeta, los atentados del 11 de septiembre de Nueva York. Los terroristas suicidas encuentran la gloria del descanso eterno tras cometer el atentado que derribó las Torres Gemelas. Sus manos, rezan los versos, estaban llenas de rabia. El poema muestra el atentado –y de este modo lo legitima– como una consecuencia de una situación anterior que habría alimentado la rabia yihadista y que impulsó finalmente al terrorista a atentar contra el centro político y financiero, pero también simbólico, de occidente.
La denuncia contra el imperialismo es un tema recurrente en la poesía de la yihad. El poeta Isa Sa’d Al ‘Awshan escribió unos versos tras la invasión de Iraq donde advertía que la lucha iba a ser sin descanso y que el combatiente estaba dispuesto incluso a dar su vida para liberar a los musulmanes del poder despótico del imperio. Decían así sus versos:

Anuncié que no habría más descanso
hasta que nuestras flechas aniquilen al enemigo.
Me amarré a mi ametralladora con la determinación de un muyahid
y perseguí mi meta con un corazón apasionado.
Quiero una de las dos cosas buenas:
el martirio o la liberación del poder despótico.

Uno de los más famosos poemas de Bin Laden habla de la odisea que tienen que sufrir los habitantes de los pueblos que han padecido el ataque de occidente. El poema está estructurado en dos partes y el lector asiste, como un intruso, a una conversación íntima entre un padre y un hijo, expulsados de su tierra:

Padre, he viajado durante un largo tiempo por desiertos y ciudades.
Ha sido un largo viaje, padre, a través de valles y montañas,
Tan largo ha sido que he olvidado mi tribu, mis primos, incluso mi humanidad.

Atentado contra las torres gemelas el 11 de septiembre de 2011.
Atentado contra las torres gemelas el 11 de septiembre de 2011.
Con las primaveras árabes, sin embargo, la yihad cambió de enemigo. El enemigo externo fue sustituido por uno interno al que había que combatir y tumbar. Como apunta María Rosa de Madariaga, en un artículo titulado 'La nebulosa yihadista y el Estado Islámico', publicado en el semanario 'Crónica Popular' el pasado mes de septiembre, "aprovechando la indignación popular hacia los gobernantes, los islamistas se apropiaron del discurso radical de los verdaderos autores de la revuelta, cambiándolo de signo y haciendo hincapié en que la verdadera redención de los pueblos árabes solo podía venir del Islam, con cuyo fin era preciso recurrir al yihad". La célebre poeta Ahlam al-Nasr, conocida como la poeta del Estado Islámico, escribió en la primavera de 2011, en cuyas protestas participó activamente, un poema contra el presidente de Siria Bashar al-Assad:

Sus balas destrozaron nuestras cabezas como un terremoto,
incluso los huesos más fuertes crujieron después de romperse.
Ellos perforaron nuestros cuellos y esparcieron nuestros miembros
–¡fue como una lección de anatomía!
Ellos regaron las calles de sangre que todavía corre
como arroyos caídos de las nubes.

Como recuerdan Creswell y Haykell, Ahlam al-Nasr es autora de El resplandecer de la verdad, un poemario compuesto por 107 poemas, entre los que se incluyen elegías, lamentos, odas a la victoria y, curiosamente, cortos poemas que son en realidad tweets –hecho que corrobora lo que tantas veces ha sido dicho por los expertos: ISIS está en la vanguardia de la propaganda y el uso de las redes sociales constituye para ellos una herramienta en absoluto desdeñable de comunicación y de propagación ideológica. El libro se publicó en internet y rápidamente circuló entre militantes yihadistas por las redes sociales. Además de poeta, al-Nasr es autora de un breve ensayo de apenas treinta páginas donde describe el Califato del Estado Islámico como un paraíso donde los niños a la vez que juegan se preparan para la defensa y las mujeres custodian los valores del Islam.

Contra los falsos musulmanes

Las potencias de occidente y los estados laicos y con libertad de culto de Oriente Medio como Siria aparecen como enemigos de la yihad. Pero, en la poesía yihadista, irrumpen también como enemigos aquellos musulmanes moderados que no siguen –según el parecer de los fundamentalistas– el camino correcto del Islam.
Como recuerda de nuevo María Rosa de Madariaga, "aunque estos neofundamentalistas consideran que el imperialismo occidental, materialista y opresor, es el principal causante de los males que aquejan a las sociedades islámicas, mayores enemigos del Islam que los dirigentes occidentales son los propios dirigentes de los países islámicos, que se dicen musulmanes, pero solo lo son de boquilla. En este sentido, estos grupos radicales entroncan directamente con el pensamiento del teólogo y jurista árabe Ibn Taimiya (siglos XIII-XIV de la era cristiana), quien, además de considerar un deber de todo buen creyente combatir a judíos, cristianos y a los no musulmanes en general, pensaba que los mayores enemigos del Islam, a quienes había que combatir en primer término, eran los que, autoproclamándose musulmanes, no lo eran de veras, sino hipócritas (munâfiqûn), como el Profeta Mahoma designaba a los habitantes de Medina sobre cuya fidelidad al Islam abrigaba dudas».
El poeta yihadista asume la función del teólogo que debe despejar las dudas que surgen sobre todo en un mundo materialista y de naturaleza confusa, plagado de tentaciones y deseos carnales, y mostrar el camino correcto, el camino de la verdad, el camino del Profeta. Estas dudas habitan en las cabezas de los musulmanes moderados. Quien no enderece el rumbo, siguiendo el camino marcado por Dios, no será sino tratado de enemigo. El poeta Isa Sa’d Al ‘Awshan en su Antología de la Gloria escribe:

Déjame esclarecer toda la oscura verdad y eliminar la confusión de quien pregunta.
Déjame hablarte del mundo y de lo que hay detrás de él. “Escucha: yo digo la verdad y no [tartamudeo.
El tiempo de la sumisión para el incrédulo ha terminado, él que nos hace beber copas [amargas.
En este tiempo de hipocresía, déjame decirte: no deseo dinero, ni una vida de bienestar,
pero tampoco el perdón de Dios y Su gracia.
Temo a Dios, no a una banda de criminales.
Me preguntas sobre la meta que he perseguido con celo y rapidez.
Preguntas, con miedo hacia mí, ¿es este el camino correcto, el buen camino?
¿Es este el camino del Profeta?”

Obsérvese el modo en que el poema utiliza el recurso de la apelación, dirigiéndose a un interlocutor concreto, que seguramente representa a un musulmán que se ha desviado del camino de la fe. Este rasgo, propio de la poesía oral, indica que estos poemas han sido compuestos para ser leídos en voz alta, ante un público amplio. Por otro lado, se observa en el poema que quien posee la voz poética no alberga dudas de tipo alguno y, a la manera del teólogo, con gran seguridad y sin tartamudear, se dirige a su interlocutor para esclarecer la oscura confusión que le impide tomar el camino correcto.

Contra la nacionalidad y el estado-nación

La poesía de la yihad expone asimismo elementos propios de su ideología. "En el centro de la ideología yihadista está el rechazo del estado-nación", afirman Creswell y Haykel. Se puede extraer de la lectura de la poesía yihadista la radical oposición a la idea de nacionalidad que emana del estado-nación moderno y la apuesta por una suerte de universalismo islámico que busca integrar, como si fueran parte de un solo cuerpo, a todos los musulmanes del mundo. Las fronteras del moderno estado-nación –sostiene la poesía yihadista– no han sido sino una forma de separar la unidad de su pueblo:

Mi patria es la tierra verdadera, los hijos del Islam son mis hermanos...
No amo más a los árabes del sur que a los árabes del norte.
Mi hermano en India, tú eres mi hermano, como lo eres tú, mi hermano en los Balcanes,
en Ahvaz y Aqsa, en Arabia y en Chechenia.
Si Palestina grita, o si Alfganistán grita,
si Kosovo es agraviado, o Assam o Pattani es agraviado,
mi corazón se extiende hacia ellos, deseando ayudar a los necesitados.
No hay diferencia entre ellos, es una enseñanza del Islam.
Nosotros somos un solo cuerpo, este es nuestro feliz credo.
Nos diferenciamos por la lengua y el color, pero compartimos la misma vena.

Se apela a la solidaridad entre los pueblos musulmanes oprimidos, como a la necesidad de atender su llamada de auxilio; a la hermandad de los pueblos y a la igualdad esencial de todos ellos –diferentes en apariencia (lengua y color) son en el fondo iguales (comparten la misma vena). Esta lectura, casi humanista, que construye un solo pueblo en muy distintos territorios y naciones, no esconde sino un discurso que busca legitimar la conquista de otras tierras que ellos asumen como propias.
Abdelhamid Abaaoud. (Reuters)
Abdelhamid Abaaoud. (Reuters)
Palabras bellas al servicio de la guerra. Palabras que se integran en estructuras poéticas muy bien construidas, con un estilo bien claro. Como señala María Rosa de Madariaga, en la poesía árabe "los poemas son monorrimos, es decir que cada verso ofrece un sentido tan completo que resulta independiente del verso anterior y del siguiente. La prohibición del encabalgamiento tuvo como resultado versos muy pulidos y extremadamente concisos". La poesía yihadista sigue las pautas de la tradición poética de la cultura árabe. La poesía no se arrodilla ante la propaganda ni sacrifica su estilo, ni cuestiona su tradición; al contrario, trata de ser una alta expresión de la tradición a la que se incorpora. La poesía no es un discurso inocente. En los documentos de cultura se hallan también las huellas de la barbarie.

NOTA: Los poemas citados han sido extraídos del artículo citado de Robyn Creswell y Bernard Haykel y traducidos del inglés por quien esto firma.   


David Becerra Mayor // El Confidencial (21/11/2015). Fuente: http://www.elconfidencial.com/cultura/2015-11-21/la-poesia-de-la-yihad-isis-paris_1102646/

lunes, 23 de marzo de 2015

'Soumission': ¿ultraderechista o realista?

François cree en la literatura. Concibe la literatura como el único reducto de la sociedad contemporánea en el que todavía es posible tener la sensación de estar con alguien, de hablar con alguien. Aunque ese alguien haya muerto hace años o siglos. François realizó una tesis doctoral sobre el decadente escritor francés Joris-Karl Huysmans gracias a un programa de becas que, como "últimos residuos de una socialdemocracia agonizante", le permitió elegir a qué cosa consagrar sus días. François, aunque carece de vocación docente, es profesor de literatura en la Universidad de París III. Al principio suplía la ausencia de vocación acostándose con sus alumnas; después fue "víctima de una suerte de andropausa" que le condujo a dedicar sus noches al visionado de pornografía en internet. François, cuando mira los debates políticos de France 2, rememora las felaciones que le hacía Myriam, su novia judía de la universidad. François es un solitario y un nostálgico.

François es el protagonista de Soumission, la nueva novela de Michel Houellebecq. Publicada hace apenas una semana en Francia, en la editorial Flammarion, y sin todavía conocer la traducción española, Soumission ya está en boca de todos. Las polémicas declaraciones de su siempre controvertido autor, que coincidieron con el atentado de Charlie Hebdo, pusieron a Soumission y a Houellebecq en el centro del huracán mediático.  Pero, ¿de qué trata Soumission?

François, que no siente ningún afecto por sus semejantes y que nunca ha tenido especial interés por lo que sucedía a su alrededor, de pronto descubre cómo la política cambia su vida –cosa que le desconcierta y a la vez le repugna–. François tendrá que posicionarse, pero, ¿se enfrentará a la realidad o, por el contrario, se verá obligado a adaptarse, a someterse a ella? Parece que el título de la novela de Houellebecq es lo suficientemente explícito.

Estamos en París, en el año 2022. Se aproximan las elecciones presidenciales y todo indica que los dos candidatos que se la jugarán en la segunda vuelta serán Marine Le Pen, del Frente Nacional, y Mohamed Ben Abbes, del partido islámico Fraternidad Musulmana. El futuro de Francia pasa por un gobierno de extrema derecha que reivindica el retorno a la identidad francesa frente al proceso de islamización que sufre –a su parecer– el país, o por el ascenso al poder de la primera tentativa política del islamismo en Europa, del partido de los musulmanes franceses, que en los últimos sondeos había superado la barrera simbólica del 20% de intención de voto.

Lo que anunciaban las encuestas termina cumpliéndose y ambos partidos van a necesitar pactar con otras fuerzas políticas. Para ganar, Fraternidad Musulmana confluye en un Frente Republicano, con el PSF y el UMP, desde el que contrarrestar el ascenso de la extrema derecha de Marine Le Pen. Con la derecha tradicional comparten valores como el respecto a la familia, al patriarcado y a la religión (sea cual sea); con los socialistas, agenda en lo económico. El único escollo de la negociación es la Educación Nacional, buque insignia de la tradición socialista francesa. Un gobierno de Fraternidad Musulmana supondría –como finalmente ocurre en la novela– el fin de la educación laica, la vuelta a la segregación por sexos y la obligatoriedad de que los docentes profesen la religión islámica.

Mohamed Ben Abbes termina siendo proclamado presidente y, a partir de entonces, se legaliza la poligamia, las mujeres son relegadas al hogar y, en consecuencia, desciende en picado el desempleo. Francia sale de la crisis con Ben Abbes en el poder y, gracias a las relaciones que establece con las petro-monarquías islámicas, Francia vuelve a representar un papel potencial en la geopolítica europea y mundial.

Soumission sí capta una situación

El argumento de la novela ha servido para definir Soumission como una contribución literaria a la campaña islamófoba del Frente Nacional que lidera Marine Le Pen, si bien Houellebecq se ha defendido de tales acusaciones afirmando que su posición ante lo narrado es "neutral" y que únicamente buscaba "captar una situación". Soumission de Michel Houllebecq por supuesto que no es neutral, pero tampoco es de recibo etiquetar la novela como una suerte de panfleto que apoya las tesis de la ultraderecha francesa. Lo que sí es verdad es que, consciente o inconscientemente, Soumission sí capta una situación.

Soumission en realidad habla del agotamiento del régimen democrático francés y de la crisis de representación de la vieja política. Se desprende de las páginas de la novela que Francia está viviendo un momento destituyente que, si no se resuelve con más democracia y más participación ciudadana, serán los partidos radicales, como muestra la novela con el Frente Nacional y Fraternidad Musulmana, los que liderarán el cambio. Y el cambio puede ser a peor. Esta es –y no el miedo a la islamización de la sociedad francesa, que no es más que una consecuencia de lo primero– la mayor advertencia que le hace al lector la nueva novela de Houellebecq.

La novela, en este aspecto, es transparente. Soumission denuncia que la democracia, en Francia, se ha convertido en un "fenómeno de alternancia democrática" donde, generalmente, después de dos mandatos del candidato de centro-izquierda, los electores llevaban al poder al candidato del centro-derecha. Y nada cambia. Una democracia que funciona por inercias no puede recibir tal nombre. En esta situación, los partidos tradicionales han dejado de dar respuesta a la crisis política, económica y nacional que sufre Francia. Los que llevaron el país a la crisis no podrán sacarlo de la misma. El auge del Frente Nacional encuentra en este punto su explicación.

Decía el historiador marxista Perry Anderson, en la presentación de la New Left Review en España, el pasado mes de diciembre, que la izquierda transformadora en Francia no debía perder el tiempo, ni desgastarse políticamente, combatiendo al partido de Marine Le Pen. Para Anderson, el verdadero enemigo de la izquierda era el régimen constituido en torno a la alternancia bipartidista y no la extrema derecha; en un momento destituyente, de crisis de régimen, como el que se estaba viviendo, enfrentarse a Le Pen constituía un error que solamente fortalecía a los viejos partidos del régimen, dando lugar a que la ciudadanía, para protegerse de la extrema derecha, terminara votando por ellos, por los partidos que habían causado la crisis. 

La novela de Houellebecq parece coincidir –sin proponérselo– con el diagnóstico de Perry Anderson: el enemigo a batir es un régimen de alternancia democrática cuyas deficiencias y putrefacción bloquean toda posibilidad de cambio y que, al no resolver la crisis y aun perpetuarla con su insolvencia política, terminan generando monstruos. Como sucede en Soumission.

Pero hay un elemento más que demuestra que Houellebecq no está sino hablando de Francia como Estado fallido. Decía Ilya U. Topper, en este periódico, después del atentado de Charlie Hebdo, que Europa, y concretamente Francia, era responsable y aun cómplice del crecimiento del fundamentalismo islámico. Para Topper, el proceso de integración no sólo ha fracasado sino que ha funcionado como una máquina de producir fundamentalistas islámicos. 

La sociedad inmigrante en Europa se ha islamizado –en su opinión– debido a que los únicos lugares de sociabilización que encontraban los inmigrantes, que llegaban a Europa como mano de obra barata, eran las mezquitas. No hubo posibilidad de integración porque la sociedad francesa les plantó un muro, les cerró sus puertas. Y "así se fue creando el gueto", apunta Topper. Si hubieran existido espacios lacios de integración, la islamización no hubiera existido (o no hubiera alcanzado la magnitud conocida).

Citando una vez más la conocida frase de Walter Benjamin de que "cada ascenso del fascismo es testigo de una revolución fracasada", el filósofo esloveno Slavoj Žižek apuntó, por su parte, y a raíz también del atentado de Charlie Hebdo,  que "el aumento del radicalismo islámico no es sino correlativo a la desaparición de la izquierda secular en los países musulmanes". Esta desaparición –y he aquí de nuevo la responsabilidad de Occidente– derivó en parte de las llamadas primaveras árabes y de las invasiones que, en nombre de la libertad duradera y de la justicia infinita, pusieron fin a estados laicos en la región, para construir gobiernos islámicos pero afines a los intereses de las potencias del Norte.    

Acaso no de otra cosa nos habla Soumission de Michel Houellebecq: de que el ascenso del fascismo –adquiera la forma que adquiera– es resultado de una revolución fracasada. Las páginas de la nueva novela del escritor, que por mucho que lo pretenda su autor no puede ser neutral, nos advierten de que si esta situación captada –ese momento destituyente– no se traduce en más democracia, quizá, como a François, no nos quede otra opción que asumir que "la cumbre de la felicidad está en la más absoluta sumisión". Claro que, a diferencia de François, nosotros sí tendremos "algo que lamentar".
 


martes, 17 de marzo de 2015

Programa Contratiempo

 Enlace del programa Contratiempo que dirige y presenta Noelia Adánez en Radio Círculo del Círculo de Bellas Artes de Madrid. En esta edición, mantuvimos una larga conversación sobre La Guerra Civil como moda literaria. El programa se completo con la canción "La crosta" de Gerard Quintana, cuyo tema tiene mucho que ver con lo que se habló en el programa, sobre la necesidad de articular políticamente la memoria para transformar el presente, y con la intervención de Noelia Pena, que inauguró su sección, de título benjaminiano, "Dirección Única".

http://www.contratiempohistoria.org/programas/221Contratiempo16-03-2014.mp3

jueves, 26 de febrero de 2015

Booktrailer "La Guerra Civil como moda literaria"

Dirigido por David Callahan Ruiz e interpretado por Marta Prieto Bayé. Con Pitu González en la cámara.
Se registró en el Memorial Walter Benjamin de Portbou, obra del artista Dani Karavan, en febrero de 2015. Producción: Factoria Corman



miércoles, 25 de febrero de 2015

Extracto "La Guerra Civil como moda literaria"




A Armando López Salinas, in memoriam

El mandamiento primero de la ideología literaria es:
«Hablaré de todas las formas de lucha de clases salvo
de aquella que te determina inmediatamente».
Pierre Macherey y Etienne Balibar

...ni los muertos estarán seguros ante el enemigo si es que este vence.
Y ese enemigo no ha cesado de vencer.
Walter Benjamin


“Un paseo por las librerías o un simple vistazo a las listas de los libros más vendidos en España bastaría para comprobar que en las dos últimas décadas se ha producido en el ámbito de la narrativa española una proliferación considerable de novelas que versan sobre la Guerra Civil. Pero dejando de lado las impresiones, siempre intangibles e imprecisas, y respaldando nuestro estudio en la vehemencia de los datos, comprobamos que entre 1989 y 2011 se ha superado de buen grado el centenar de títulos de temática guerracivilista publicados en España. Más concretamente, y a partir de los datos que integran nuestro corpus, se ha publicado un total de 181 novelas sobre la Guerra Civil española durante el periodo acotado […].
La novela sobre la Guerra Civil española publicada en la actualidad constituye un fenómeno de lo más heterogéneo. Es de rigor atender a su diversidad formal y temática, destacar sus diferencias y acaso celebrar su pluralidad, pero también será necesario no desatender el fondo común que comparten las novelas. Porque tal vez en su fondo común daremos con la respuesta que nos tenemos que formular a continuación: ¿a qué se debe esta proliferación de títulos sobre la Guerra Civil española en la última década del siglo XX y en la primera del siglo XXI? Esta pregunta no es baladí, ya que la eclosión de títulos es ciertamente sorprendente. Acostumbrados, como estábamos, a escuchar el cacareado estribillo de la Transición, marcado por el pacto el silencio que instaba a los ciudadanos de este país a olvidar el pasado por temor a que la memoria pudiera despertar los fantasmas guerracivilistas y reabrir las viejas heridas todavía por cicatrizar, no nos puede sino llamar poderosamente la atención que de pronto irrumpan en la esfera pública una serie de discursos literarios que, al menos aparentemente, cuestionan el pacto de la Transición y optan por la narración del pasado, por convertir la memoria en materia narrativa y por reivindicar la voz de los vencidos frente a las políticas de silencio y olvido que se instauraron con los pactos de 1978. ¿Por qué, desde el ámbito narrativo, de pronto emerge una suerte de moda literaria sobre la Guerra Civil española?
Es una opinión muy extendida, tanto en la prensa cultural como en la crítica especializada, explicar este fenómeno como, en efecto, un cuestionamiento de los postulados políticos de la Transición, como un enfrentamiento al silencio y al olvido impuesto a las víctimas del conflicto bélicos nacional. En este sentido, estas novelas se suelen definir como novelas de la memoria histórica, llegando, incluso, a establecer una relación directa entre este fenómeno literario y la reivindicación de la reparación moral de las víctimas del franquismo que, desde principios del presente siglo, está realizando la Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica (ARMH) […].

Nuestra hipótesis, sin desmerecer los enfoques anteriores, propone una perspectiva distinta y señala una dirección clara: en la matriz ideológica del capitalismo avanzado o posmoderno hallaremos la respuesta a la pregunta formulada. En primer lugar, entendemos que la vuelta al pasado que se produce en la novela española actual pone de manifiesto que nuestros novelistas han asumido que vivimos en un tiempo perfecto y cerrado, sin conflicto, interiorizando la ideología del «Fin de la Historia», y ante este presente en el que no sucede nada se hace necesario acudir a un pasado conflictivo como el de la Guerra Civil para poder escribir una novela. Pero, por otro lado, será preciso analizar el modo en que se reconstruye el pasado en estas novelas. Porque si bien el grueso de ellas comparte, como se verá, una más que loable intención de reivindicar la memoria histórica, y acaso sus autores buscan, en algunos casos, posicionarse al lado de los que salieron derrotados de la contienda, denunciando el olvido y el silencio que se impuso sobre ellos, también es cierto que, mediante su lectura, acudimos a una reconstrucción despolitizada y deshistorizada de la Historia, invitando al lector a mantener una relación complaciente con su pasado. Estas novelas, como el espejo posmoderno de Jameson, hechizan al lector por medio de sugerentes aventuras de pasión y muerte, de vidas heroicas, de ideales y de un futuro todavía por escribir. El espejo emite un destello de luz, siempre cegador, que impide al lector reconocerse en su pasado, experimentar la Historia de forma activa, al concebir el pasado como algo que le es ajeno. Pero a su vez estas novelas legitiman la concepción de que nuestro presente, por oposición al mundo al que la narración nos retrotrae, es un presente en el que no existen conflictos y en el que, en definitiva, la Historia ha alcanzado su fin. Esta concepción sobre el pasado y el presente que esta literatura alimenta tiene unas consecuencias políticas evidentes, pues no contribuyen sino a la desactivación política del lector que, a la vez que deja de reconocerse en la Historia, asume que habita en el mejor de los mundos posibles.
Por otro lado, hay que apuntar también que las novelas que sobre la Guerra Civil se escriben y publican en la actualidad participan del denominado –siguiendo el término propuesto por Elizabeth Jalin– conflicto de memorias, reflejando y reproduciendo, de forma muy nítida, las dos posiciones ideológicas que, en estos momentos, están en juego en el ámbito político nacional. En primer lugar reconocemos, analizando nuestro corpus, una serie de novelas de corte revisionista que pretenden reinstaurar los mitos de la cruzada de Franco, situando la República –en paz y en guerra– en el foco de todo conflicto. Esta revisión del pasado, que tuvo su auge durante la segunda legislatura del Partido Popular (2000-2004), y que fue incluso promocionada, a tenor de lo escrito por Francisco Espinosa Maestre en El fenómeno revisionista o los fantasmas de la derecha española, por el partido del gobierno para contrarrestar las reivindicaciones y demandas impulsadas, desde el año 2000, por la Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica (ARMH), restituyó algunas falsedades históricas construidas durante el franquismo para legitimar el golpe de Estado del 18 de julio de 1936. La campaña revisionista fue tan potente que incluso su discurso se introdujo en novelas de gran tirada y firmadas por autores de prestigio intelectual, como se verá.
La otra parte del conflicto está representada por novelas que, pretendidamente progresistas y ancladas en la «falsa izquierda», que diría José Antonio Fortes, reproducen la lógica ahistoricista y despolitizada que, en el ámbito político, se puso en marcha con la popularmente conocida como Ley de la Memoria Histórica de 2007 durante la primera legislatura de José Luis Rodríguez Zapatero. La Ley 52/2007, a todas luces insuficiente, no pretendía establecer una ruptura con el pasado, que pusiera fin a los privilegios de los que gozan, todavía hoy, los vencedores de la Guerra Civil, sino que perseguía, más bien, el reforzamiento del modelo de convivencia constitucional de la Transición. Un hecho que de forma muy simbólica expresa lo que recogía esta ley se detecta en la conversión del Valle de los Caídos en lugar de culto religioso que «incluirá entre sus objetivos honrar la memoria de todas las personas fallecidas a consecuencia de la Guerra Civil de 1936-1939 y de la represión política que la siguió con objeto de profundizar el conocimiento de ese período histórico y en la exaltación de la paz y de los valores democráticos». El adjetivo todas que acompaña a las personas fallecidas a consecuencia de la Guerra Civil legitima el relato equidistante que sitúa en el mismo nivel de responsabilidad a víctimas y verdugos, a quienes estaban al lado de la legalidad democrática y quienes se opusieron a ella por medio de un golpe de Estado. Con esta medida, se ponía en marcha una reconstrucción despolitizada del pasado, al convertir el mayor símbolo de la represión del fascismo español en un monumento de paz y democracia. Se trataba de vaciar de significado los significantes del pasado –independientemente de su color político–, borrando las huellas de la represión y de la significación histórica de los vencidos, para poder ser asumidos, institucionalizados y normalizados por la democracia. La despolitización del pasado supone una reescritura de la Historia desde un presente que, lejos de enfrentarse con los vencedores de ayer y de establecer una ruptura con el pasado, permite que los vencedores no cesen de vencer. Esta despolitización del pasado se detecta, de igual modo, y como se verá, en muchas de las novelas que sobre la Guerra Civil se escriben y publican en la actualidad. 
Por lo tanto, y como trataremos de mostrar y aun de demostrar en las siguientes páginas, la reconstrucción del pasado que se lleva a cabo en estas novelas contribuye a reforzar una concepción homogénea y lineal de la Historia. La ideología posmoderna que late en estos discursos literarios legitima la concepción de la Historia como continuidad, que solamente sirve para favorecer la perpetuación de la clase dominante en el poder. Estas novelas no cuestionan el presente, no pretenden disparar contra los relojes, como diría Benjamin, y establecer una ruptura del continuum histórico; la relación con el pasado –y, en consecuencia, con el presente– se basa en una complicidad que, en absoluto, pretende congregar a los muertos en nuestro tiempo vacío, porque no forma parte de su proyecto ideológico dinamitar o hacer pedazos el presente.”